Quand prendre rendez-vous chez un psychanalyste devient difficile
Dernière mise à jour : 20 août
Vous y pensez depuis des semaines.
Parfois même depuis des mois.
Vous vous dites que parler pourrait vous faire du bien. Que quelque chose mérite d’être entendu. Que certaines répétitions dans votre vie ne sont pas anodines.
Et pourtant… vous ne prenez pas rendez-vous.
Vous vous dites peut-être que ce n’est pas le bon moment, que vous avez trop de travail, que vous allez mieux et que ce n’est finalement plus nécessaire.
Ce décalage entre ce que vous ressentez et ce que vous faites n’est pas toujours un simple manque de volonté. En psychanalyse, il peut avoir une valeur particulière : il dit déjà quelque chose de vous.
L’hésitation : un symptôme à part entière
On imagine souvent que la psychanalyse commence au moment où l’on parle.
Elle commence bien avant.
Elle commence précisément là, dans ce moment où quelque chose pousse à consulter… et autre chose empêche de le faire.
Cette tension n’est pas nécessairement un obstacle à contourner.
Elle peut déjà être une formation de l’inconscient.
« Ce n’est pas si grave »
Vous relativisez. Vous comparez votre situation à pire. Vous attendez que « ça passe ».
Ce mouvement est fréquent. Il permet de maintenir une certaine stabilité psychique. Mais il peut aussi être une manière de tenir à distance ce qui insiste.
Car ce qui vous fait envisager une consultation ne disparaît pas vraiment. Cela se déplace. Se répète. Revient autrement.
« Je devrais m’en sortir seul »
Cette phrase est souvent portée par une exigence intérieure forte.
Il y a là une idée implicite : demander de l’aide serait un échec.
En psychanalyse, on peut reconnaître ici l’influence d’une instance critique interne, parfois rigide, qui impose une norme : tenir, gérer, maîtriser.
Mais cette exigence peut aussi empêcher d’accéder à un espace où la parole ne doit rien prouver.
« Et si ça ne servait à rien ? »
Derrière ce doute, il y a parfois une anticipation : celle d’être déçu, incompris, ou de ne pas trouver ce que l’on cherche.
Ce scepticisme n’est pas irrationnel. Mais il peut aussi fonctionner comme une protection : ne pas commencer, c’est éviter le risque d’être touché.
« Je ne sais pas par où commencer »
Prendre rendez-vous, c’est déjà entrer dans quelque chose d’inconnu.
Que dire ?
Par où commencer ?
Est-ce que ce sera confus ?
Ces questions sont légitimes. Mais elles révèlent aussi une attente implicite : celle de devoir être clair, structuré, prêt.
Or, justement, la psychanalyse n’exige pas cela.
Elle commence souvent dans le désordre, l’hésitation, les silences.
« Parler me fait peur »
C’est peut-être le point le plus décisif.
Parler, ce n’est pas seulement raconter. C’est aussi laisser apparaître ce que l’on ne maîtrise pas entièrement.
Certaines choses ne sont pas encore formulées. D’autres sont maintenues à distance.
L’hésitation peut alors protéger d’une rencontre avec soi-même qui n’est pas entièrement prévisible.
Ce que votre hésitation dit déjà
Si vous êtes en train de lire cet article, ce n’est peut-être pas anodin.
Cela signifie déjà :
qu’une question est là
qu’elle insiste
qu’elle cherche une forme pour se dire
Et peut-être aussi que quelque chose résiste à ce mouvement.
En psychanalyse, on ne cherche pas à supprimer cette résistance. On l’écoute.
Car elle fait partie du processus.
Et si remettre le rendez-vous à plus tard faisait déjà partie de ce qui se joue ?
Repousser un rendez-vous peut sembler anodin.
« Ce n’est pas le bon moment. »
« J’ai trop de travail. »
« Je vais attendre encore un peu. »
« Ça va un peu mieux. »
Pourtant, cette manière de différer peut parfois constituer une résistance. Elle permet de maintenir à distance ce qui inquiète, ce qui dérange ou ce qui touche un point sensible.
Prendre rendez-vous est alors déjà un acte.
Non pas parce qu’il faudrait se forcer à changer, mais parce qu’il permet de donner une place à ce qui, jusque-là, restait en suspens.
Vous n’avez pas besoin d’être prêt
Vous n’avez pas besoin d’avoir tout compris.
Vous pouvez venir avec votre hésitation, vos doutes, votre difficulté à franchir ce pas.
C’est précisément là que le travail peut commencer.
Commencer, ce n’est pas s’engager définitivement
Une autre idée peut freiner le passage à l’action : celle qu’un premier rendez-vous vous engagerait immédiatement dans quelque chose de long ou de contraignant.
En réalité, il s’agit d’abord d’un premier échange.
Un espace pour voir. Pour éprouver. Pour dire ou ne pas dire.
Faire ce premier pas
Prendre rendez-vous ne signifie pas que tout va changer immédiatement.
Cela signifie simplement donner une place à ce qui, jusque-là, restait en suspens.
Si vous hésitez encore, vous pouvez partir de là.
C’est suffisant.
Prendre rendez-vous pour un premier échange
Vous pouvez réserver une première séance en ligne ou au cabinet, selon la modalité qui vous convient.
Parfois, il ne s’agit pas de savoir si vous êtes prêt.
Mais de voir ce qu’il se passe lorsque vous commencez.
