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Pascale Raoux

Membre de la Société Française de Psychanalyse Appliquée​​

Psychanalyse et Psychothérapie​

Cabinet et téléconsultations​​

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Pourquoi vous n’arrivez pas à prendre rendez-vous chez un psychanalyste (et ce que cela dit de vous)

Vous y pensez depuis des semaines.

Parfois même depuis des mois.

Vous vous dites que parler pourrait vous faire du bien. Que quelque chose mérite d’être entendu. Que certaines répétitions dans votre vie ne sont pas anodines.

Et pourtant… vous ne prenez pas rendez-vous.

Ce décalage entre ce que vous ressentez et ce que vous faites n’est pas un simple manque de volonté. En psychanalyse, il a une valeur bien particulière : il dit déjà quelque chose de vous.


L’hésitation : un symptôme à part entière

On imagine souvent que la psychanalyse commence au moment où l’on parle.

Elle commence bien avant.

Elle commence précisément là, dans ce moment où quelque chose pousse à consulter… et autre chose empêche de le faire.

Cette tension n’est pas un obstacle à contourner.

C’est déjà une formation de l’inconscient.


1. “Ce n’est pas si grave”

Vous relativisez. Vous comparez votre situation à pire. Vous attendez que “ça passe”.

Ce mouvement est fréquent. Il permet de maintenir une certaine stabilité psychique. Mais il peut aussi être une manière de tenir à distance ce qui insiste.

Car ce qui vous fait envisager une consultation ne disparaît pas vraiment. Cela se déplace. Se répète. Revient autrement.


2. “Je devrais m’en sortir seul”

Cette phrase est souvent portée par une exigence intérieure forte.

Il y a là une idée implicite : demander de l’aide serait un échec.

En psychanalyse, on reconnaît ici l’influence d’une instance critique interne, parfois rigide, qui impose une norme : tenir, gérer, maîtriser.

Mais cette exigence peut aussi empêcher d’accéder à un espace où la parole ne doit rien prouver.


3. “Et si ça ne servait à rien ?”

Derrière ce doute, il y a parfois une anticipation : celle d’être déçu(e), incompris(e), ou de ne pas trouver ce que l’on cherche.

Ce scepticisme n’est pas irrationnel. Mais il peut aussi fonctionner comme une protection : ne pas commencer, c’est éviter le risque d’être touché.


4. “Je ne sais pas par où commencer”

Prendre rendez-vous, c’est déjà entrer dans quelque chose d’inconnu.

  • Que dire ?

  • Par où commencer ?

  • Est-ce que ce sera confus ?

Ces questions sont légitimes. Mais elles révèlent aussi une attente implicite : celle de devoir être clair, structuré, prêt.

Or, justement, la psychanalyse n’exige pas cela.

Elle commence souvent dans le désordre, l’hésitation, les silences.


5. “Parler me fait peur”

C’est peut-être le point le plus décisif.

Parler, ce n’est pas seulement raconter. C’est aussi laisser apparaître ce que l’on ne maîtrise pas entièrement.

Certaines choses ne sont pas encore formulées. D’autres sont maintenues à distance.

L’hésitation peut alors protéger d’une rencontre avec soi-même qui n’est pas entièrement prévisible.


Ce que votre hésitation dit déjà

Si vous êtes en train de lire cet article, ce n’est pas anodin.

Cela signifie déjà :

  • qu’une question est là

  • qu’elle insiste

  • qu’elle cherche une forme pour se dire

Et peut-être aussi que quelque chose résiste à ce mouvement.

En psychanalyse, on ne cherche pas à supprimer cette résistance. On l’écoute.

Car elle fait partie du processus.


Et si ne pas prendre rendez-vous faisait déjà partie du problème ?

C’est un renversement important.

Vous n’avez pas besoin d’attendre d’être “prêt”. Vous n’avez pas besoin d’avoir tout compris.

Vous pouvez venir avec :

  • votre hésitation

  • vos doutes

  • votre difficulté à franchir ce pas

C’est précisément là que le travail peut commencer.


3 signes que vous êtes déjà prêt

  • Vous y pensez régulièrement

  • Vous cherchez des réponses (et vous êtes ici)

  • Quelque chose en vous n’est pas satisfait des solutions habituelles

Ces signes ne garantissent rien. Mais ils indiquent qu’un mouvement est en cours.


Commencer, ce n’est pas s’engager définitivement

Une idée freine souvent le passage à l’action : celle qu’un rendez-vous engagerait immédiatement dans quelque chose de long ou de contraignant.

En réalité, il s’agit simplement d’un premier échange.

Un espace pour voir. Pour éprouver. Pour dire ou ne pas dire.


Faire ce premier pas

Prendre rendez-vous ne signifie pas que tout va changer immédiatement.

Cela signifie simplement :donner une place à ce qui, jusque-là, restait en suspens.

Si vous hésitez encore, vous pouvez partir de là.

C’est suffisant.


Prendre rendez-vous pour un premier échange

Vous pouvez réserver une première séance directement en ligne ou en cabinet, sans engagement particulier.

Parfois, il ne s’agit pas de savoir si vous êtes prêt(e).

Mais de voir ce qu'il se passe lorsque vous commencez.


 
 
 

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