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Pascale Raoux

Membre de la Société Française de Psychanalyse Appliquée​​

Psychanalyse et Psychothérapie​

Cabinet et téléconsultations​​

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La psychanalyse n’est pas seulement là pour nous rassurer sur nous-mêmes ; elle est aussi là pour interroger ce que nous préférerions ne pas voir

Nous aimons être confortés dans l'idée que nous avons de nous-mêmes.

Nous aimons penser que nous connaissons nos intentions, que nous comprenons nos réactions, que notre histoire possède une logique qui nous permet de nous reconnaître.

Cette cohérence intérieure est précieuse. Elle nous aide à avancer, à prendre des décisions, à construire nos relations.

Mais il existe une autre expérience, moins confortable : celle où quelque chose en nous résiste à cette image que nous avons construite.

Nous pouvons être sincères dans ce que nous racontons de nous-mêmes et pourtant ne pas tout savoir de ce qui nous anime.

C'est précisément ce point que la psychanalyse vient rencontrer.

Elle n'est pas seulement un lieu où l'on vient déposer une souffrance pour être entendu et apaisé. Bien sûr, l'écoute du psychanalyste accueille la douleur du sujet. Mais le travail analytique ne s'arrête pas à la recherche d'un soulagement.

Car parfois, ce qui souffre demande aussi à être entendu autrement.

Nous avons tous une tendance naturelle à organiser notre histoire d'une certaine manière.

Nous savons ce que les autres nous ont fait.

Nous savons les blessures que nous avons traversées.

Nous savons les événements qui nous ont marqué.

Et tout cela a son importance.

Mais la psychanalyse introduit une question supplémentaire, parfois plus difficile à accueillir :

Qu'est-ce qui, dans ma propre histoire, continue de se jouer à mon insu ?

Cette question n'est pas une accusation.

Elle ne nie jamais la réalité d'une souffrance ou d'une blessure.

Elle ouvre simplement un autre registre : celui de la position subjective.

Car il arrive que nous répétions des situations que nous ne souhaitons plus vivre. Que nous choisissions des relations qui réveillent toujours les mêmes difficultés. Que nous cherchions consciemment quelque chose tout en nous dirigeant inconsciemment vers autre chose.

C'est souvent à cet endroit que quelque chose commence à apparaître.

Non pas une faute cachée.

Non pas une vérité honteuse que le psychanalyste viendrait révéler.

Mais une dimension de nous-mêmes que nous n'avions pas encore rencontrée.

Ce que nous préférerions ne pas voir n'est pas toujours ce qui est le plus négatif en nous.

Parfois, c'est simplement ce qui dérange l'image que nous avons construite.

Nous pouvons découvrir une colère que nous pensions absente.

Un désir que nous ne voulions pas reconnaître.

Une attente que nous répétions sans nous en rendre compte.

Une manière de nous protéger qui, avec le temps, est devenue une source de souffrance.

Le travail analytique ne consiste pas à arracher ces éléments au sujet.

Il ne s'agit pas de forcer une prise de conscience.

L'inconscient n'est pas une pièce fermée qu'il faudrait ouvrir brutalement. Il se manifeste déjà, dans les mots, dans les oublis, dans les rêves, dans les répétitions, dans ce qui revient malgré nous.

Le psychanalyste écoute précisément ces endroits où quelque chose déborde le discours habituel.

Parfois, une interprétation vient interrompre une évidence.

Elle ne donne pas une réponse définitive.

Elle introduit un doute.

Et ce doute peut être fécond.

Car il permet au sujet de ne plus être uniquement enfermé dans une histoire qu'il croyait déjà écrite.

La psychanalyse ne cherche donc pas à fragiliser la personne.

Elle ne retire pas ses repères au sujet.

Elle propose plutôt de rencontrer ce qui, en lui, demandait depuis longtemps à être entendu.

C'est peut-être cela qui la distingue d'une simple recherche de réassurance.

Être rassuré peut apaiser.

Mais être interrogé peut parfois ouvrir un chemin nouveau.


Ce que nous préférons parfois ne pas rencontrer en nous-mêmes

Il existe une raison pour laquelle certaines découvertes sur nous-mêmes peuvent être difficiles.

Ce n'est pas seulement parce qu'elles nous surprennent. C'est aussi parce qu'elles viennent parfois modifier l'équilibre que nous avions trouvé.

Même lorsqu'une situation nous fait souffrir, elle peut avoir une fonction dans notre économie psychique. Elle peut protéger quelque chose, maintenir une organisation intérieure, préserver une image de nous-mêmes à laquelle nous tenons.

C'est pourquoi le changement n'est jamais aussi simple que la volonté consciente pourrait le laisser penser.

Nous pouvons dire sincèrement : « Je veux que cela change », et pourtant constater qu'une partie de nous semble maintenir ce qui nous fait souffrir.

Cette contradiction n'est pas une faiblesse.

Elle appartient à la complexité du sujet humain.

La psychanalyse s'intéresse précisément à cet endroit où deux mouvements peuvent coexister : ce que nous désirons consciemment et ce qui, autrement, continue d'agir en nous.

C'est souvent là que surgit la résistance.

La résistance n'est pas un refus volontaire de comprendre. Elle n'est pas une mauvaise volonté du sujet. Elle témoigne plutôt du fait qu'une certaine vérité psychique ne peut pas toujours apparaître immédiatement.

Car voir autrement son histoire implique parfois de renoncer à certaines protections.

Il est parfois plus facile de conserver une explication connue, même douloureuse, que d'ouvrir une question nouvelle.

Une personne peut par exemple avoir longtemps pensé : « Je tombe toujours sur les mauvaises personnes. »

Cette phrase peut contenir une part de vérité. Certaines rencontres ont effectivement été destructrices.

Mais le travail analytique peut aussi ouvrir une autre dimension : qu'est-ce qui, dans cette répétition, mérite d'être entendu ? Qu'est-ce qui se rejoue ? Quelle place le sujet occupe-t-il dans cette scène qui revient ?

Cette interrogation ajoute une dimension : celle de la responsabilité subjective, c'est-à-dire la possibilité de reconnaître comment chacun est engagé dans sa propre histoire.

C'est peut-être cela qui rend la psychanalyse exigeante.

Elle ne propose pas uniquement de retrouver une image plus confortable de soi.

Elle invite à rencontrer un sujet plus complexe, moins idéal, mais aussi plus libre.

Car ce qui reste inconnu en nous n'a pas forcément besoin d'être combattu.

Il a parfois besoin d'être entendu.

L'inconscient n'est pas un adversaire qu'il faudrait vaincre. Il est une dimension de notre vie psychique qui cherche ses propres voies d'expression.

Lorsque cette parole trouve un lieu pour se déployer, quelque chose peut changer.

Non parce que nous aurions enfin découvert « la bonne explication ».

Mais parce que nous ne sommes plus exactement dans le même rapport à ce qui nous traversait.

La psychanalyse ne promet donc pas de nous débarrasser de toute part inconnue.

Elle propose une autre relation à cette part inconnue.

Une relation où ce qui était subi peut commencer à être élaboré, où ce qui revenait sans cesse peut être entendu autrement.


La psychanalyse n'est donc pas seulement là pour nous rassurer sur nous-mêmes.

Elle accueille bien sûr la souffrance, la fragilité et les blessures de chacun.

Mais elle propose aussi d'aller à la rencontre de ce qui, en nous, résistait à être entendu.

Ce que nous préférerions ne pas voir n'est pas nécessairement ce qu'il y a de plus sombre en nous.

C'est parfois simplement ce qui attendait de trouver une place dans notre histoire.

La psychanalyse ne cherche pas à construire une meilleure image de soi.

Elle accompagne plutôt le sujet vers une relation plus profonde avec lui-même, une relation où l'inconnu n'est plus seulement une menace, mais devient aussi un lieu de découverte.

Car nous ne sommes jamais entièrement ceux que nous croyons être.

Et c'est peut-être dans cet écart, dans cet espace entre ce que nous savons de nous-mêmes et ce qui cherche encore à se dire, que peut apparaître une nouvelle liberté.


Vous souhaitez entreprendre une psychanalyse ?

Je vous accueille en consultation en ligne ou en cabinet à Marseille, dans un cadre confidentiel où chaque parole peut trouver sa place, à son rythme.

 
 
 

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