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Pascale Raoux

Membre de la Société Française de Psychanalyse Appliquée​​

Psychanalyse et Psychothérapie​

Cabinet et téléconsultations​​

La psychanalyse comment ça marche ?

Dernière mise à jour : il y a 5 jours

On peut se demander comment le fait de parler de soi peut réellement produire un travail. Après tout, parler de sa vie, de ses difficultés ou de son histoire ne suffit pas nécessairement à les comprendre.

La psychanalyse repose sur une idée essentielle : nous ne savons pas toujours tout de ce qui détermine nos pensées, nos choix et nos réactions. Une part de notre vie psychique nous échappe.

La parole ne sert pas seulement à raconter

En psychanalyse, il s’agit de laisser venir la parole. Cette parole peut porter sur ce qui préoccupe, sur ce qui fait souffrir, mais aussi sur des pensées, des souvenirs ou des émotions qui semblent parfois sans importance.

Laisser venir la parole, c’est pouvoir suivre ce qui se présente, sans avoir à le rendre immédiatement cohérent, à le justifier ou à craindre le jugement de l’autre. Une idée peut en faire surgir une autre, un souvenir peut revenir de façon inattendue, un mot peut prendre une importance particulière. Ce qui semblait sans rapport peut alors révéler un lien.

C’est dans les liens qui se tissent entre les mots, les souvenirs et les pensées que quelque chose de l’inconscient peut commencer à se manifester.

L’inconscient se manifeste aussi dans ce qui échappe

Un oubli, un lapsus, une répétition, une hésitation ou une réaction qui semble disproportionnée peuvent prendre un autre sens lorsqu’ils sont entendus dans l’histoire singulière de la personne.

La psychanalyse ne cherche pas à appliquer une signification toute faite à ces manifestations. Elle permet plutôt au sujet de découvrir progressivement ce qu’elles représentent pour lui.

Les répétitions peuvent devenir matière à entendre

Il arrive que certaines situations se répètent, malgré la volonté de les éviter.

La psychanalyse s’intéresse à ces répétitions pour entendre ce qui, à travers elles, cherche à se rejouer.

Le transfert : ce qui se joue dans la relation

Le travail psychanalytique ne porte pas uniquement sur des événements passés. La relation avec le psychanalyste fait aussi partie du travail : attentes, sentiments, méfiance, confiance, déception ou désir de reconnaissance peuvent notamment y prendre place.

Il peut aussi arriver que certains éléments de l’histoire du patient et de celle du psychanalyste présentent des similitudes très concrètes. Ces ressemblances, lorsqu’elles prennent une place dans la relation, peuvent alors être investies d’une signification particulière dans le travail analytique.

C’est ce que la psychanalyse appelle le transfert : dans la relation avec le psychanalyste, des éléments de l’histoire et de la vie psychique du patient peuvent se trouver réactivés. Le transfert devient alors un élément essentiel du travail analytique, parce qu’il permet d’entendre autrement la manière dont une personne entre en relation avec les autres et ce qu’elle y rejoue.

Comprendre ne suffit pas toujours

La psychanalyse n’est pas une méthode qui consisterait à recevoir une explication sur soi.

Certaines choses peuvent être intellectuellement comprises sans pour autant modifier la manière dont elles sont vécues. Le travail analytique se construit dans le temps.

Peu à peu, ce qui semblait aller de soi peut devenir une question.

C’est ainsi que le travail analytique se construit : dans la parole, les répétitions, les associations et le transfert, ce qui échappait jusque-là à la compréhension peut progressivement prendre sens. Ce qui semblait aller de soi devient alors une question, et ce qui se répétait sans être compris peut commencer à être entendu autrement.

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