Le deuil impossible : quand la perte reste sans mots
- pascaleraouxpsycha

- 28 nov. 2025
- 2 min de lecture
Perdre un être cher bouleverse profondément l’existence.
Le deuil est une épreuve universelle, mais chacun l’éprouve de façon singulière. Dans la plupart des cas, le temps, la parole et les rituels permettent d’accepter peu à peu la perte. Mais il arrive que le processus se bloque : la douleur reste figée, comme si rien ne pouvait combler l’absence. On parle alors de deuil impossible.
Freud et la distinction entre deuil et mélancolie
Dans son texte de 1917 Deuil et mélancolie, Freud différencie le travail de deuil, processus psychique par lequel le sujet détache peu à peu son investissement affectif de l’objet perdu, de la mélancolie, où cet investissement reste fixé.Dans le deuil impossible, l’inconscient ne parvient pas à symboliser la perte, la personne reste prisonnière d’un vide sans mots.
Quand le deuil devient impossible
Plusieurs situations peuvent conduire à ce blocage :
une perte brutale ou traumatique (accident, disparition soudaine)
un lien fusionnel ou non symbolisé avec la personne disparue
l’absence de rituel ou de reconnaissance sociale du deuil (par exemple dans le cas d’un deuil périnatal ou d’une relation cachée)
Dans ces cas, l’inconscient peut rester comme suspendu : la perte n’est pas intégrée, et la douleur s’exprime sous forme de symptômes, de tristesse sans fin ou de culpabilité.
La parole analytique face au deuil impossible
La psychanalyse offre un espace où cette douleur peut trouver des mots. Le travail analytique ne vise pas à effacer la souffrance, mais à permettre que l’inconscient transforme peu à peu ce qui est resté figé.
Mettre en mots ce qui semblait indicible ouvre la possibilité d’un lien différent avec l’être perdu, non plus dans le silence ou l’obsession, mais dans une mémoire vivante.
Le deuil impossible rappelle que certaines pertes dépassent la capacité d’élaboration consciente. La psychanalyse accompagne ce chemin singulier, où l’inconscient cherche à transformer la douleur en une autre forme de présence. Là où le temps seul ne suffit pas, la parole ouvre un passage.
Commentaires